Petit concours à l’entrée de  Gand…. :

 

Une maison des architectes….

Lieux de rencontres, lieux d’information, bibliothèque,

logements pour chercheurs….

Administration….Parking….

 

 

On voit bien,

dès l’abord du premier dessin ‘idéogramme’, que,

une fois la distribution fonctionnelle organisée,

l’architecture est établie

par une précise loi d’agrégation de sa forme.

 

Et que cette loi,

qui est une multiplicité,

est strictement géométrique.

 

*

 

Quelques points essentiels de la géométrie :

- L’arrachement au Réel par le trait inaugural.

- L’établissement d’une mesure.

- La répétition.

- Le passage à l’autre.

- Le retrait géométrique.

- L’action restreinte de la géométrie.

- Géométrie ni Réelle, ni Imaginaire, ni Symbolique.

- La sortie inaugurale de notre néant premier.

- Multiplicité de la géométrie et pertinence d’une géométrie.

 

 

*

 

La géométrie. 

 

Devant les  premiers dessins

on voit bien que,

dans ce projet,

il ne s’est pas agi

d’une disposition de fonctions bien emballées.

 

Dans le premier dessin

on ne voit d’abord qu’un fond blanc,

sorte de Réel

où ne se repère a priori aucun sens.

 

Un fond blanc -Réel-

sur lequel sont tirées quelques lignes

qui se tiennent.

 

 

Quelques lignes qui se tiennent

par répétitivités,

par variations de ces répétitivités,

et par des voisinages.

 

Aucun élément de ces dessins n’est esseulé

Il ne s’agit pas d’un ‘amas’ d’éléments.

Il s’agit d’un ‘ensemble’ d’éléments.

 

Et cet ensemble n’est pas inconsistant.

Chacun de ses éléments s’y tient

en soi et ensemble.

Le passage d’un élément à l’autre

s’y fait toujours

par une loi simple

de répétitivité ou de voisinage tendu.

 

Au point même que ce qui semble être

l’unique thématique de pensée de ces dessins

est cette primitive idée de ‘tenue’.

Tenue’ ensemble.

 

Primitive et inaugurale idée de ‘tenue’

au pas du Réel non encore Réalité.

Réel où rien ne se tient encore.

 

Primitive et inaugurale idée de ‘tenue’.

Sans plus.

 

Là est la géométrie… :

Primitive idée de tenue…. sans plus.

 

Là est la géométrie… :

Présenter au pas du Réel

une inaugurale idée dénuée.

Une idée de tenue

dénuée de ce qu’elle tient.

L’idée…. ‘pure’.

Ou …l’idée de l’idée….

 

 

*

 

Idée ‘pure’ inaugurale nécessaire…

 

Idée ‘pure’ inaugurale nécessaire

à l’anthrope qui,

au début de son commencement,

n’existe pas encore en soi.

 

Idée ‘pure’ inaugurale nécessaire

à l’anthrope qui,

au début de son commencement,

n’est qu’à peine ‘stance’

toute ouverte,

vide et sans mesure

c’est-à-dire presque néant.

 

Idée ‘pure’ inaugurale nécessaire

à l’anthrope,

au début de son commencement

à dis-stance inappréhendable du Réel,

où il ne peut même pas ‘se trouver’.

 

Idée ‘pure’ inaugurale nécessaire

à l’anthrope qui,

au début de son commencement

à dis-stance inconnue du Réel,

y sent que

ce qu’il sent,

en ‘incomplétion’,

manque de sens

et n’en prend qu’avec l’idée.

 

Idée ‘pure’ inaugurale nécessaire

à l’anthrope

pour qu’il puisse

donner sens,

et établir ce sens

en affirmation interrogative

et en infinition.

 

*

 

Pour l’anthrope

à dis-stance du Réel

il s’agit de rompre avec le Réel

où rien ne se tient en soi,

où rien ne se peut en soi.

 

Du Réel, il doit s’arracher

pour qu’il y ait commencement.

 

Du Réel,

pour l’anthrope,

il s’agit

de parvenir à ‘se tenir’

à dis-stance

et commencer.

 

Du Réel,

pour l’anthrope,

il s’agit de parvenir

à ‘se trouver

en soi,

en stance

à dis-stance.

 

Dis-stance contenant donc

le ‘se tenir’ et le ‘se trouver

nécessaires pour pouvoir commencer.

Et qui précédent donc

toute forme, toute pensée, toute notion,

toute catégorie, tout concept, tout jugement….

 

Dis-stance,

est ainsi

parole essentielle et inaugurale de l’anthropo-logie,

parole essentielle de l’architecture,

et constituant essentiel de la géométrie.

 

Et cet arrachement au Réel

commence toujours

dans l’établissement de la tenue de la pensée anthropique

par la grâce de la géométrie,

toute de dis-stances.

 

(Nous n’en connaissons pas d’autres…
Les vases Jomon au Japon  d’il y a 11.000 ans.
Stonehenge… Carnac d’il y a 6.000 ans.
Les premiers vases Grecs….
Nous montrons ci-dessous le galet de Gneiss d’il y a 24.000 ans )

 

 

*

 

L’arrachement au Réel

commence toujours

par la grâce de la géométrie.

Qui commence.

C’est-à-dire ‘qui est un commencement’.

 

Au début du commencement,

dans le néant

un trait,

qui peut faire croire

à un petit ‘un’

à une petite ‘tenue’…

 

Galet de gneiss gravé

de traits obliques et perpendiculaires

(abri de Laugerie-Basse, Les Eyzies-de-Tayac, Dordogne).

Époque protomagdalénienne (vers -22 000 à -20 000 ans)

Musée national de la préhistoire.

 

Dans le néant

un trait,

c’est-à-dire un sens 

sans signification.

 

Le trait peut insister sur le sens,

et devenir ligne infinie.

 

Ou,

en ce sens,

le trait peut se répéter,

et devenir mesure.

 

Le trait peut se répéter

et en-signer les notions

de ‘passage à l’autre’.

et de tenue de l’entre-deux.

 

Toutes choses

-‘passage à l’autre’,

et tenue de l’entre-deux-

ne se tenant

ni dans le néant,

ni dans le Réel.

 

Toutes choses

fondant la notion de ‘tenue’

à dis-stance du Réel.

 

Toutes choses

fondant donc

la dignité,

qui est

tenue’ au pas du Réel.

 

Toutes choses donc

indispensables pour commencer.

 

C’est-à-dire

commencer par

le sens avant qu’il ne prenne sens.

Puis par le sens qui prend sens.

 

Quel sens se prend?

 

Un sens qu’on arrête par échouage

comme le trait ‘tracé’,

comme une gravure,

opération d’échouage,

après navigation incertaine,

dans une direction qu’il semble indiquer

mais aussi faisant lieu possible

même momentanément

ou faisant lieu in-fini

ouvrant un futur

de tenue et de mesure

 

De cela  se fait  l’architecture

qui établit une notion de ‘tenue’,

en ne dépassant pas la géométrie.

 

On le voit bien…

dans le premier dessin-idéogramme :

la grille est composée de traits

d’une géométrie déjà expérimentée…

20 000ans après le galet de Gneiss ci-dessus.

 

Cette géométrie commence

par les sillons de gravure de traits

devenant,

par continuité et répétition,

lignes ordonnées

et lignes de co-ordonnées.

 

Lignes de co-ordonnées.

dont le  croisement primitif définissent

- un premier point,

  point de sort-tie du Réel

  pouvant devenir point de départ,

  jetant un sort.

  C’est-à-dire des sens.. sans signification encore…

- une distinction-impression de la marque de l’ ’un’ démultiplié, 

  c’est-à-dire un ordre,

  donnant la mesure.

  C’est-à-dire la répétition,

  C’est-à-dire la ‘tenue du passage vers l’autre’

  où qu’il se trouve.

 

Puis tout cela permet

la position et la dis-position

des uns et des autres…

et  à nouveau du passage entre eux

pour qu’ils puissent se trouver.

 

Il s’agit donc de

donner

du possible au pas de l’impossible.

 

Donner

une possibilité de Réalité

hors du Réel où rien n’a de possibilité de se tenir,

hors du Réel où rien n’a de possibilité de stance.

 

Donner la possibilité de stance.

à dis-stance du Réel sans stance.

 

Tout cela en retrait de toute signification

ou

précédant toute Réalité….

mais la permettant.

 

Là est le retrait géométrique

ou l’action restreinte de la géométrie.

Elle n’est l’image de rien.

et elle ne fixe rien

Elle n’est donc pas Symbolique

Elle n’est que,

comme dit plus haut,

un ‘ordre’,

mot venant du latin ‘ordiri’

‘commencer à tisser’.

 

La géométrie  n’est que,

comme le commencement d’un tissage,

structure sous-jacente au tissu

où peut alors

se dé-poser le sens

que nous sentons depuis notre néant premier.

 

Néant qui est,

par l’ordre,

devenu vide premier,

arkhè-vide

sous-tenu par

arkhè-tecture

structure sous-jacente

dans toute sa possibilité d’accueil

de l’infinitésimal à l’infini.

 

*

 

Car n’oublions pas cela… :

l’anthrope

à sa naissance… au moment où il sort du corps d’une anthrope,

est une sorte de néant avec un corps.

 

Il a à se trouver.

Et cela se fera par le croisement des autres….

une fois établi son passage du néant au vide

où il devient

le croisement des autres,

sorte d’inconscient

dont il est le sujet.

 

Et pour ce passage du néant au vide

l’architecture est indispensable…

au commencement…

 

Il faut

en l’anthrope,

pour ce passage du néant au vide,

la notion de tenue

et

la notion de passage à l’autre

et de la tenue de ce passage

et

la notion d’entre-deux

et de la tenue de cet entre-deux.

 

Sans la tenue

l’anthrope s’écroule

dans son néant.

C’est la labilité du ‘sujet’.

 

*

 

Lacan disait

‘L’architecture primitive peut-être définie

comme

quelque chose d’organisé autour d’un vide’.

 

‘Autour d’un vide

et non

‘autour d’un néant’.

 

Ce n’est pas rien,

le passage du néant au vide.

 

Le néant n’offre aucun possible

puisqu’il ne peut rien con-tenir.

Rien ne peut s’y tenir

puisque, dans le néant

il n’y a pas de place

et tout ce qu’on y mettrait serait nulle part.

 

Ce qui,

au contraire,

fait du vide,

c’est-à-dire

fait du possible,

c’est que le vide a un entourage de matière.

‘Matière’, dans le sens grec du terme,

signifiant ‘qui rend possible’.

 

Voilà l’architecture

faite de dis-position de matière autour d’un vide

où le possible advient.

 

Et c’est bien cela que nous voyons

un peu plus explicitement

dans ce projet :

 

Une géométrie de fond

qui produit

sur le néant, ou sur le Réel,

un vide qui rend  possible

par la grâce de

la matière

qui y est dis-posée….

 

 

*

 

On notera ensuite que

il n’y a pas ‘LA’ géométrie.

Il y a ‘LES’ géométries…

Elles ne sont pas toutes propres à l’architecture.

 

Toutes les géométries

font du vide muni d’une ou plusieurs lois…

Lois du passage d’un élément à l’autre.

 

Et ‘un vide muni d’une loi’ est  un ‘espace’.

Et un ‘espace opérant’ est un ’lieu’.

 

Cet espace et ce lieu ne sont pas automatiquement architectural.

Ce peut être un espace et un lieu mathématique.

Ce peut être un espace et un lieu littéraire.

Ce peut être un espace et un lieu physique.

etc…

 

Mais si l’opération de cet espace est

bien précisément

l’action restreinte

décrite ci-dessus,

alors cet espace

est un espace architectural

qui rend simplement possible

le commencement de l’anthrope

par l’établissement de ce commencement

par une tenue inaugurale.

 

Et la connaissance de cet espace architectural

est une topo-logie architecturale.

 

*

 

Il y a alors

la question de la pertinence

de la géométrie choisie

c’est-à-dire

la question de la pertinence

de l’architecture choisie.

 

L’architecture que nous défendons

est là pour le bon commencement du sujet,

c’est-à-dire

est là pour le bien Être (pas le bien-être) du sujet

L’Être étant son commencement.

 

La pensée, tant philosophique que scientifique,

a accepté que l’anthrope est ‘sujet’.

 

Et il y a une histoire de la pensée du ‘sujet’.

Une histoire du bon commencement de l’Être du sujet

Une histoire de ce ‘bien’ du ‘bien’ Être du sujet.

Une histoire de l’architecture pour ce ‘bien’ Être  du sujet.

 

Depuis Schopenhauer, puis Freud, puis Lacan, puis Badiou

il est accepté

que l’anthrope est ‘sujet’,

qui n’existe pas a priori

et qui n’est pas central à soi-même…

Que l’anthrope est ‘sujet’

du croisement des autres dont nous parlions ci-dessus.

Que ce croisement des autres est son ‘Être’.

 

Alors…

Une distinction est importante pour nous depuis toujours.

‘Le fermé fini’ et ‘l’ouvert infini’.

 

Le ‘fermé fini’ est

ce qui précède

Schopenhauer, Freud, Lacan, Badiou…

Le ‘fermé fini’ est l’humanisme.

Le ‘fermé fini’ est une prétention anthropique de suffisance.

Le ‘fermé fini’ est l’Homme…

dont on a cru

qu’il existait en soi a priori

et qu’il était central à lui-même.

Ce qui s’est avéré faux !

 

L’’ouvert infini’ est

ce qui vient avec

Schopenhauer, Freud, Lacan, Badiou…

L’’ouvert infini’ n’est pas un humanisme.

L’’ouvert infini’ dit la réalité anthropique et son insuffisance.

L’’ouvert infini’ dit le sujet,

non existant en soi a priori,

non central à soi-même,

tant assujetti à son inconscient

que sujet devenant capable.

 

Inspiré par Alain Badiou

nous énonçons ainsi

la distinction entre

‘le fermé fini’ et ‘l’ouvert infini’.

 

 

Est ‘fermé fini‘ ce qui est étendu

en opposition entre intérieur et extérieur,

en opposition entre fini et infini,

en opposition entre face et profondeur…

Comme l’Homme…central à lui-même

Comme l’architecture de l’Humanisme renaissant.

 

Est ‘ouvert infini’, ou in-fini, ce qui est étendu

en non-opposition entre intérieur et extérieur,

en non-opposition entre fini et infini,

en non-opposition entre face et profondeur.

Comme l’anthrope ‘sujet’

croisement des autres,

n’existant pas a priori en soi,

et non central à soi-même.

 

Tous nos projets,

dont celui-ci,

tendent vers cette deuxième position.

On le voit bien…

 

Il n’y a pas de lieu essentiel enfermé.

Aucun des éléments de cette architecture

ne se touchent.

Ils sont dis-posés et non com-posés.

il y a toujours du vide venant de l’infini

qui circule entre eux.

 

Il suffit de voir…

Des coordonnées.

Des lignes droites

Des lignes droites qui deviennent courbes.

Des lignes qui aboutissent en des points.

De l’oblicité allant vers de l’autre.

De l’oblicité venant de l’autre.

 

On verra même un courbe

arrivant en oblique

et se mettant ensemble

en tenue voisine.

 

Les matières

-ce qui rend possible-

se mettant ensemble

pour se tenir ensemble,

à disposition

sans plus,

sont le commencement architectural.